« La Guerre de Catherine »

Cette quinzaine, Nathalie Riché nous propose un ouvrage de Julia Billet, à lire à partir de 11 ans. 

Dans son roman pour ados, La Guerre de Catherine, Julia Billet racontait le destin d’une jeune fille juive qui traverse la guerre en la photographiant. Librement inspirée d’une histoire vraie, celle de sa propre mère, son adaptation en BD est une vraie réussite qui met la petite histoire dans la grande, à la portée de tous.

« Soleil au zénith, inutile d’insister.
A cette heure-ci, je ne ferai rien de bon.
L’heure du midi n’offre aucune ombre, aucune place aux demi-teintes ni aux clairs obscurs. Rien ne vaut la fin de la journée, entre chien et loup quand le jour s’estompe peu à peu.
On se revoit à ce moment-là mesdemoiselles.

Pingouin, le mari de la directrice m’a prêté un Rolleiflex lorsqu’il m’a nommée responsable de l’atelier photo. Depuis, je ne m’en sépare plus. J’adore regarder le monde à travers le viseur. D’un clic, arrêter le temps. »

Pendant la guerre, la Maison de Sèvres est un lieu privilégié pour les enfants : une éducation libre, ouverte sur les passions de chacun et tenue par deux résistants avant-gardistes. La directrice surnommée « Goéland » et son mari « Pingouin », accueillent dans l’école quelques enfants juifs, cachés par leurs parents. Dans ce lieu choyé comme un refuge, les enseignants s’acharnent, malgré la guerre, à faire vivre à leurs protégés une enfance : une maison accueillante, un grand parc, un environnement serein, des activités artistiques multiples qui les occupent, une camaraderie fraternelle… Le climat est propice pour atténuer le contexte terrible, l’absence des parents et les échos lointains de la guerre.

Rachel, l’une de ces enfants cachées, découvre la photo. Avec Pingouin qui l’initie, naît la passion du 6×6. Quoi d’étonnant par ces temps ombrageux que de chercher à s’apaiser avec la lumière d’un visage, l’éclat d’un rire, à fixer la grâce d’un geste, un moment hors du temps ?

La suite de la chronique de Nathalie, c’est ICI

La Guerre de Catherine
Julia Billet, illustrations de Claire Fauvel
162 p., Rue de Sèvres, 16 €
(dès 11 ans)

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