Nos Vacances, de Blexbolex

Nathalie Riché nous fait commencer très joliment 2018 en livrant son dernier coup de coeur : « Nos Vacances » de Blexbolex, Pépite d’Or au dernier Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil – Album publié chez Albin Michel Jeunesse, à partir de 6 ans.

Couronnée de la Pépite d’Or au dernier Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, le nouvel album de Blexbolex, Nos vacances, est un petit chef d’œuvre d’inventivité et de virtuosité qui remue nos émotions. Déjà classique.

Couverture Nos vacances Blexbolex

 

Quel magicien ce Blexbolex !
On ouvre toujours un de ses albums comme un cadeau précieux. Avec ses promesses de rêve, de cocon familier et aussi quelque chose de fragile qui pourrait nous échapper ou nous ravir, selon le temps qu’on y consacre. Car un album de Blexbolex attend patiemment son lecteur. On se souvient de Romance, album déjà récompensé d’une Pépite en 2013, la Pépite « Ovni », parce qu’il ne ressemblait déjà à rien de connu.

Il faut prendre son temps pour goûter toute l’originalité de Nos vacances. Quand on l’ouvre, il fleure bon le grain des vieux illustrés de grand-mère, une imagerie des années 60, et en même temps s’y mêle quelque chose de terriblement contemporain. Car malgré ses airs de sérigraphie, le livre est réalisé à la palette graphique.

 

 Nos vacances Blexbolex

 

Mais comment fait-il ? Pour réussir ce traitement si particulier, cette mise en scène, ce dynamisme dans l’histoire. Il y a quelque chose d’un peu mystérieux pour réussir cet équilibre savant. L’ingrédient indispensable dans la grammaire visuelle de Bernard Granger, alias Blexbolex, c’est le mouvement permanent. En feuilletant l’album qu’on lira et relira maintes fois, on a l’impression que se déroule sous nos yeux un film muet avec ses trains qui défilent à toute vitesse, ses chapeaux qui s’envolent, ses personnages qui traversent les pages, et entre eux, le temps qui s’étire.Les plans se succèdent, plan larges ou rapprochés, vignettes multiples qui enchaînent l’action ou brouillent nos pistes, déroulant une bobine avec plusieurs séquences dans la même page, comme autant de perspectives.

Pas un mot dans cet album. Du silence, du temps vide comme seules savent les fabriquer les vacances. Chacun se racontera son histoire en s’identifiant à l’un ou l’autre personnage. Ce qui frappe au premier abord, c’est ce titre Nos vacances, une promesse heureuse et solaire que vient contredire de suite une forêt au parfum d’automne, des champs de paille jaunis et un ciel bleu-gris chargé de fin d’été. Le ton est donné, ces vacances-là n’auront pas la saveur de la légèreté.

 

 Nos vacances Blexbolex

Une merveille, une vraie merveille !

 

La suite de la chronique…, et une interview de Blexbolex !


 

 

 

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