Une histoire d’amour, de Gilles Bachelet

La nouvelle chronique de Nathalie Riché, dont on se dit que le sujet est tellement drôlement traité qu’il pourrait faire l’objet d’un cadeau clin d’oeil même aux (beaucoup) plus grands que les « lecteurs jeunesse »

 

Il n’est jamais trop tard pour offrir des albums. Allez, un petit dernier à glisser sous le sapin : Une Histoire d’amour. Ce petit bijou d’humour signé de l’inénarrable Gilles Bachelet, raconte la love story hilarante de deux gants Mapa. Une histoire pas en toc !

« Cupidon le petit dieu joufflu de l’amour, envoie ses flèches où bon lui semble. Certaines, parfois atteignent le cœur de personnages remarquables et provoquent des histoires pleines de passions et de drames qui font les grands romans et les films en cinémascope. Mais la plupart viennent toucher le cœur des gens ordinaires et sont à l’origine de mille et mille histoires toutes belles, mais toutes simples, telles que l’histoire de Georges et Josette. »

Gilles Bachelet adore détourner les mots et les personnages. Souvenez-vous de son Chat le plus bête du monde (un gros éléphant benêt) ou encore de ce Champignon au drôle de chapeau qui se prenait pour Bonaparte, sans oublier l’hilarant Chevalier de Ventre-à-Terre qui partait au combat à la vitesse de l’escargot ou encore sa plus belle héroïne, Madame le Lapin blanc, personnage négligé par Lewis Caroll et réhabilité haut la patte par Sieur Bachelet ! Cette fois, l’auteur-illustrateur bat tous les records de l’humour décalé en nous faisons littéralement vibrer pour une histoire d’amour entre… deux gants Mappa ! Il fallait oser.

Une histoire qui lui va comme un gant ? C’est peu de le dire. Car le récit fonctionne à plein, un gant mâle et jaune en pince pour une gente et rose femelle à la jolie plastique, championne de natation synchronisée. Un regard, et c’est le coup de foudre ! Ils se rencontrent évidement à la piscine (l’évier de la cuisine), pique-niquent à la campagne (le balcon aux géraniums) et partent en voyage de noce sur un bibelot du salon en forme de gondole vénitienne.

Artificiel ? Pas du tout. Ces deux-là s’aiment ferme et sous nos yeux ébahis, c’est une vie entière qui se déroule, avec ses joies, ses peines et la nostalgie du temps qui passe : Georges joue la romance, passoire-guitare en main, offre à Josette un fox-terrier (une mini brosse !) ; ensemble, ils auront des tas de bébés, mais casseront aussi un peu la vaisselle et pas seulement en la faisant…

La suite de la chronique…

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